Manger l'autre, roman

Manger l'autre, roman

Ananda Devi

Grasset

  • 23 juin 2018

    Manger l'autre est l'histoire terrifiante d'une jeune fille hors norme qui se livre sans tabou devant l'oeil avide d'internet. Elle raconte comment depuis sa naissance elle ne cesse de grossir, poussée par un appétit gigantesque qui la pousse à manger sans fin et sans faim et l'enferme dans un corps de presque 200 kg lui interdisant de vivre normalement. Abandonnée par sa mère, gavée par un père à la fois protecteur et bourreau, raillée par les autres, elle est piégée dans une immense solitude. Jusqu'à ce qu'on lui offre la possibilité de porter un autre regard sur elle même. Mais cela suffira-t-il à la délivrer du poids de sa souffrance ?
    Ce roman qui dénonce "le gonflement grotesque de l'inutile" et la tyrannie du regard de l'autre qui pousse à la fois à s'exposer et en devenir prisonnier, est une véritable lecture coup de poing. Elle risque de heurter les âmes les plus sensibles par la violence de son propos mais son écriture sensuelle et poétique la rend totalement addictive.
    Je l'ai dévoré d'une traite et ne peux que vous conseiller de faire de même. C'est tout simplement éblouissant !


  • par (Libraire)
    31 janvier 2018

    Une jeune femme obèse, née dans des proportions hors du commun, doit vivre et survivre dans une société du spectacle où chaque difformité est scrutée, moquée et humiliée. Récit à la première personne des souffrances d'un être mis au ban du monde, ce roman est aussi un réquisitoire féroce contre le consumérisme outrancier de notre époque, où l'image est reine et se propage à une vitesse vertigineuse. Porté par une plume véritablement brillante, un humour noir décapant, ce texte hybride est d'une violence sourde qui ne laisse pas indemne, mais constitue sans aucun doute une réelle expérience de lecture. Une vraie réussite.


  • 22 janvier 2018

    nourriture

    On dit que l’anorexie est la faim du père. La boulimie serait-elle la faim de la mère ?

    La jeune fille qui est l’héroïne de ce roman, et qui n’a pas de prénom (tiens ?), est née obèse. Songez, un poupon de 10 kilos… Sa mère américaine au physique de star les quitte vite, elle et son père.

    Son père qui est persuadé qu’elles sont deux, qui fait à manger pour deux, qui leur parle au pluriel.

    La jeune fille nous décrit les humiliations verbales qu’elle subit, les regards blessants et vengeurs des professeurs, les photos volées et postées.

    Puis un jour, elle ne peut plus quitter son lit et sa chambre.

    L’auteure nous décrit cette irrépressible faim que rien ne rassasie dans notre société basée sur l’image et le contrôle (de soi, de son corps).

    J’ai aimé suivre cette jeune fille à l’obésité morbide, ses réflexions sur ceux qui l’entoure, y compris son pauvre père. Car si son corps n’est pas dans la norme, son cerveau, lui aussi, sait s’affranchir de la norme. Mais que veut-elle, au juste ?

    J’ai aimé que la jeune femme rencontre l’amour sous le regard bienveillant de son père.

    Même si la fin m’a horrifiée, il ne pouvait y en avoir d’autre.

    Une lecture qui m’a poursuivie une fois le livre refermé.

    Un roman qui interroge sans discriminer, ce que j’apprécie toujours.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du rouleau de tissu que réserve pour elle la couturière pour pouvoir la vêtir.

    http://alexmotamots.fr/manger-lautre-ananda-devi/