L'attrapeur de rats
EAN13
9782825143001
ISBN
978-2-8251-4300-1
Éditeur
Âge d'homme
Date de publication
Collection
ARCHI. SLAVE
Dimensions
18 x 12 x 0 cm
Poids
105 g
Langue
français
Langue d'origine
russe
Fiches UNIMARC
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En 1924, à l’époque où fut publié pour la première fois L’attrapeur de rats, Alexandre Grine était considéré comme un auteur de romans d’aventures résolument en marge de la littérature russe traditionnelle.

Fallait-il que ce rêveur impénitent fût, dans les années vingt, harcelé, obsédé par la réalité quotidienne, pour qu’elle surgisse ainsi à nouveau dans son œuvre ! Toute la première partie de L’attrapeur de rats est une peinture magistrale d’un Petrograd famélique, épuisé par de longues années de restrictions, crucifié par la guerre civile. Toute une époque ressuscite en quelques notations incisives, en quelques portraits tragiquement évocateurs. Et, dans cette capitale exsangue, erre un personnage qui rappelle étrangement l’auteur.

Mais le rêve reprend ses droits. Et ce n’est pas celui d’une évasion radieuse. Dans le labyrinthe oppressant qui sert d’asile fortuit à notre vagabond, naissent des fantasmes de cauchemar engendrés par un cerveau enfiévré. Des rats maléfiques complotent la mort d’un vieillard. La ville elle-même s’enveloppe soudain d’un sortilège. Des apparitions menaçantes surgissent dans les brumes incertaines du petit jour : un garçonnet aux mains griffues, une jeune fille au visage grimaçant qui n’est autre que le double malfaisant de la douce héroïne. L’épilogue, tout en allusions, en clins d’œil au lecteur, en phrases inachevées : « Il sait… » « J’avais compris… » « Je dois conquérir la confiance… », laisse perplexe sur le sens profond du récit. Que signifie ce délire visionnaire ? Quel symbolisme se cache donc sous cette diablerie ?

Le poète Blok, en 1920, voyait avec épouvante le torrent révolutionnaire emporter dans ses tourbillons les derniers bastions de la civilisation. Grine, à son tour, ne projette-t-il pas dans son œuvre l’angoisse qui l’étreint devant le raz-de-marée ? Toutes les passions mauvaises : la débauche, l’amour du lucre, le crime, soudain libérées dans la tourmente, montent à l’assaut des cités et menacent, comme les rats de la légende germanique, d’étouffer l’humanité. Mais le vieillard « aux yeux transparents » saura-t-il, comme le magicien de Hameln, détourner le fléau ? Pourra-t-il seulement échapper lui-même aux coups du « Libérateur », à l’arrêt de mort prononcé contre lui par l’assemblée des rats ?…

Dans ce récit complexe et d’une extrême richesse, Grine traduit en poète sa vision de l’actualité.
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