Histoire des sciences à l'époque moderne
EAN13
9782200345211
ISBN
978-2-200-34521-1
Éditeur
Armand Colin
Date de publication
Collection
COLLECTION U
Nombre de pages
344
Dimensions
2 x 1 x 0 cm
Poids
620 g
Langue
français
Code dewey
509.03
Fiches UNIMARC
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Histoire des sciences à l'époque moderne

De

Armand Colin

Collection U

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PARTIE 1?>Les sciences à la Renaissance?>?>Prologue?>Des sciences introuvables ??>SOUS LE NOM DE RENAISSANCE, les historiens ont coutume de désigner une période dont les limites chronologies varient selon les pays considérés : commençant dès le XVe siècle en Italie (le Quattrocento), plutôt au XVIe siècle seulement dans les autres pays européens. Il est tout aussi difficile de déterminer avec précision à quel moment on en sort pour entrer dans ce que l'on désigne comme l'«âge baroque » puis comme l'«âge classique ». Il est également devenu assez habituel de distinguer au sein de la période elle-même deux moments, la première Renaissance et la Renaissance tardive, « the first » et « the late » Renaissance. Nous n'assignerons donc pas à ce chapitre des bornes chronologiques trop précises, et nous entendrons par Renaissance le long XVIe siècle en empiétant à la fois, et selon nos besoins, sur le siècle qui l'a précédé et sur celui qui l'a suivi.Traditionnellement, cette période est tenue pour marquer l'entrée des pays occidentaux dans les temps modernes. De fait, et même si l'on ne doit pas exagérer la radicalité de la rupture avec le Moyen Âge, on peut admettre sous bénéfice d'inventaire que l'innovation y est omniprésente. Dans les arts, dans la politique, dans la religion, dans la philosophie, et cela dans une étroite interaction avec les innovations qui relèvent plus spécifiquement du champ de la connaissance et des savoirs. Les grands voyages permettent la découverte de nouveaux continents, de nouvelles cultures, de nouveaux objets et la formation de nouveaux savoirs. De nouvelles techniques comme l'imprimerie favorisent la diffusion de ces savoirs et la création de nouveaux lieux destinés à l'échange et à la construction de ces savoirs (les académies, par exemple) ainsi que la mise en œuvre de nouvelles pratiques savantes, s'accompagnent de la construction de nouvelles théories dans le champ scientifique, des théories astronomiques, physiques, ou médicales qui signalent traditionnellement l'entrée des sciences dans la « modernité».Pourtant, paradoxalement, le XVIe siècle est resté longtemps un siècle mal aimé des historiens des sciences, pour différentes raisons qui, séparément ou jointes ensemble, ont pu paraître suffisantes pour exclure peu ou prou la Renaissance de l'histoire de la science moderne. Nous allons d'abord présenter ces raisons, et répondre sommairement aux questions qu'elles soulèvent, avant que les chapitres suivants n'apportent des réponses plus substantielles. La naissance de la science moderne a été en effet longtemps datée du XVIIe siècle seulement, tout en étant simultanément décrite, commentée, analysée, en termes de « révolution » : c'est le cas en France par exemple où Alexandre Koyré, à maintes reprises, a parlé de la « révolution scientifique du XVIIe siècle ». L'historiographie anglaise, de son côté, a procédéà la même localisation temporelle d'une « révolution scientifique » postérieure à la Renaissance et à la Réforme. Et même si Paolo Rossi ne date pas explicitement du XVIIe siècle ce qu'il analyse sous le terme de « naissance de la science moderne en Europe », il légitime l'emploi du syntagme « révolution scientifique » en affirmant l'existence « d'une forte discontinuité entre la tradition scientifique médiévale et la science moderne » tout en attribuant l'essentiel de cette révolution à Galilée , Descartes , Pascal, Huygens ou Newton et donc à des savants ayant vécu au XVIIe siècle. Tous les historiens des sciences paraissent donc s'entendre sur deux points : la naissance de la science moderne a signifié une rupture forte, sinon radicale, avec les anciennes pratiques savantes ; et cette rupture date du XVIIe siècle.Cette lecture et cette périodisation de l'histoire des sciences ne sont d'ailleurs pas un produit de l'historiographie du XXe siècle. Elles sont beaucoup plus anciennes puisqu'on peut les faire remonter aux origines mêmes de l'histoire des sciences c'est-à-dire au siècle des Lumières. Quelle que soit cependant leur date de naissance, elles ont pour conséquence évidente d'exclure le XVIe siècle de l'histoire de la révolution scientifique de l'époque moderne, et peu ou prou, de l'histoire de la science moderne (à la notable exception près de Copernic, dont il sera question plus loin), et donc plus généralement de l'histoire des sciences elles-mêmes.
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