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25 février 2013

L'art du portrait

Lorsqu'on lit ces portraits, on a tous envie de retourner à l'école. Comment en deux ou trois pages, réussir à transformer la vie de ces personnes, des " people " de l'époque, en autant de petits romans. Ce n'est jamais complaisant, jamais méchant non plus. On a l'impression qu'elle a passé des mois en leur compagnie alors qu'il ne devait s'agir au mieux que de quelques heures... Bref, ce sont des petits bijoux. Et même si, en ce qui concerne certaines de ces personnes, on ne sait même plus de qui il s'agit aujourd'hui, cela n'a aucune importance.

Découvrez  son dernier roman [" Histoire d'une femme libre "](http://www.onlalu.com/site/ouvrages/histoire-dune-femme-libre/), et le beau livre d'Alix de Saint-André qui lui est consacré : [" Garde tes larmes pour plus tard "](http://www.onlalu.com/site/ouvrages/garde-tes-larmes-pour-plus- tard/)

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Mémoires

Baker Street

22,00
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16 février 2013

N'épouse jamais Mickey Rooney

Quelle comédienne peut se vanter d’avoir dansé avec Gene Kelly ET Fred Astaire ? L'an dernier, on célébrait les cinquante ans d’« Un Américain à Paris »,  le film qui la rendit célèbre, et dont elle reste la seule survivante. Ses mémoires, " Une Française à Hollywood " , nous plongent dans un monde disparu.

**Rencontre avec Leslie Caron **

**Pourquoi avoir attendu si longtemps pour écrire votre autobiographie?** J’ai toujours eu peur de ne pas réussir à tenir la longueur, peur aussi de ne pas trouver le style adéquat. J’ai décidé finalement de faire simple et on verrait bien. J’ai commencé à travailler sur ce livre avec quelqu’un, mais il brodait beaucoup et donne trop dans le mélo à mon goût. Alors, finalement, je me suis dit : « il n’y a que moi qui peux l’écrire ». Et j’ai mis deux ans à le terminer.

**Rien ne vous prédestinait à la carrière que vous avez menée. Comment tout cela a-t-il débuté?** Ma famille était très aisée, et s’il n’y avait pas eu la guerre, puis la ruine de mon grand-mère, je n’aurais jamais étudié la danse... Ou du moins, j’aurais dansé comme les jeunes filles de bonne famille. Alors que là, ma mère a compris que c’était un moyen pour moi de gagner ma vie et m’a autorisée à quitter l’école très jeune.

**Mais parmi toutes ces petites danseuses, comment avez-vous été repérée ?** Grâce à Roland Petit qui m’a engagée pour sa troupe de ballets des Champs Elysées. J’ai commencé à avoir des petits rôles à 16 ans, notamment avec une amie très douée, mais paresseuse, que l’on surnommait Bichette et qui deviendra célèbre plus tard sous le nom de Brigitte Bardot. Et un soir, Gene Kelly assista à la première de l’un de nos spectacles…

**C’est donc lui qui vous a choisie pour être sa partenaire dans « Un Américain à Paris » ?** Il m’a fait passer des essais. Et puis j’ai reçu un coup de téléphone d’Hollywood, me disant : «vous partez dans trois jours ». Ma mère m’a accompagnée, car j’étais mineure. Le film a remporté six oscars. Je réalisais que c’était formidable, mais je ne voulais pas me laisser emporter par le courant.

**Vous avez beaucoup travaillé, jusqu’à la rencontre avec votre futur mari, Peter Hall.** C’était un metteur en scène de théâtre anglais. L’homme de ma vie, le père de mes deux enfants. Mais très vite, j’ai été déçue, car il refusait de m’inclure dans sa vie professionnelle. Les Anglais étaient très misogynes à l’époque, et il ne voulait pas que je continue à tourner. Notre mariage à duré sept, huit ans, et puis nous nous sommes quittés.

**Qu’avez-vous fait alors ?** Je suis repartie à Hollywood, où je suis tombée amoureuse de Warren Beatty, avec lequel j’ai vécu deux ans. Il était tendre, sensible, c’était un formidable acteur, mais nous vivions dans un tourbillon qui ne me convenait pas.

**Avez-vous connu des creux de vague ?** A la fin de la trentaine, oui, j’ai connu une sorte d’essoufflement  cela arrive à pas mal d’acteurs. Et puis un beau jour, il y a un projet, même un film obscur qui vous donne envie d’y retourner. Pour moi, ce fut « Valentino » de Ken Russell avec Rudolf Noureev. Et plus tard, « Fatale » de Louis Malle, dans lequel je jouais la mère de Juliette Binoche.

**Vous avez fait aussi mille autre chose que du cinéma.** J’ai écrit des romans policiers, j’ai aménagé des maisons. J’ai notamment retapé une auberge, il y a quinze ans, à 130 km de Paris, que je n’ai revendue qu’en septembre dernier. Je m’en occupais et j’y étais tous les jours pour accueillir les clients. Le métier de comédien exige une certaine souplesse, car on ne sait jamais de quoi le lendemain sera fait.

**Avez-vous encore des rêves ?** Jouer sur Broadway. J’ai refusé quelques projets, car ils n’étaient pas bons, mais je n’ai pas perdu espoir. J’ai tourné aussi dans « Unité Spéciale », rôle pour lequel j’ai obtenu le prix de la meilleur actrice dramatique dans une série, et ils devraient écrire un nouvel épisode pour moi. Et enfin, j’adorerais habiter New York à nouveau.

**Vous souvenez-vous du conseil que votre mère vous a donné lorsque vous êtes partie à Hollywood ?** Fais ce que tu veux, mais surtout n’épouse jamais Mickey Rooney !

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16 février 2013

Le rockeur et la romancière

Johnny Hallyday s'est confié à la romancière Amanda Sthers, qui lui a prêté sa plume pour ce récit écrit à la première personne. Un livre passionnant, touchant, qui sonne juste et apporte un regard différent sur cette légende vivante. Amanda Sthers nous raconte les dessous de cette étonnante aventure.

**Rencontre avec Amanda Sthers**

**Connaissiez-vous Johnny Hallyday avant de vous lancer dans cette autobiographie?** Je l'avais rencontré une première fois lorsque j'avais vingt ans. Je me trouvais à Saint-Tropez avec un copain qui le connaissait, et il nous avait invités à dîner sur son bateau. Il était hyper-accueillant, comme le veut la légende. Je l'ai revu trois ans plus tard avec mon ex-mari, Patrick Bruel. Nous sommes tous les deux timides et pudiques, on s'est parlé un peu. Puis on s'est revu au fil des années, et lorsque je me suis séparée de Patrick, il m'a fait savoir que, pour lui, ça ne changerait rien, que nous resterions amis.

**Comment l'idée et l'envie de ce projet sont-elles nées?** L'éditrice de Plon m'avait demandé si je ne voulais pas écrire une biographie. Je lui ai répondu que la seule personne qui m'intéresserait, car elle avait un destin à part, c'était Johnny. Mais qu'il n'accepterait jamais. Pour le lui prouver, je l'ai appelé tout de suite, devant elle. Et il m'a dit oui! C'était il y a un an et demi et je ne pouvais plus reculer.

**Vous écrivez à la première personne, en vous glissant dans son personnage. Comment avez-vous travaillé?** Je lui ai demandé de me faire confiance, et de ne relire le texte qu'à la fin. Je suis partie chez lui, à Los Angeles, pendant les vacances de février. Je vivais à son rythme, même si je n'arrivais pas à le suivre! Les trois premiers jours, il trouvait toujours une excuse pour ne pas répondre à mes questions. J'errais dans la maison avec mon carnet. Et un soir, nous sommes allés dans son bureau, où il m'a parlé pendant quatre heures de son père.

**Pourtant, dans ses interviews, il est en général plutôt laconique.** Il s'exprime cent fois mieux lorsqu'il n'est pas dans un rapport médiatique, car il souffre d'un vrai complexe. Il a toujours peur de ne pas dire ce qu'il faut et comme il le faut.

**Vous n'avez pas bouclé le livre en dix jours j'imagine.** Non, mais à mon retour à Paris, je savais comment j'allais le construire et j'avais compris que son père en était la pierre angulaire. En mai, je suis partie à Montpellier où il répétait son spectacle. Entretemps, j'avais vu ses films, écouté des chansons que je ne connaissais pas, et j'avais aussi pu lire toutes les choses fausses qui avaient été véhiculées sur lui au fil des années.

**Depuis que le livre est sorti, la presse se déchaîne et on lui reproche notamment de régler ses comptes avec Michel Sardou, Claude François ou Jean-Claude Camus. Qu'en pensez-vous?** C'est faux. Mais si on décide de se raconter avec franchise, il faut bien reconnaître qu'on a connu des trahisons, des déceptions. La veille de sa parution, toutes les chaînes de télévision parlaient du livre sans que personne ne l'ait lu. Etre l'attention d'un pays tout entier: j'ai tout d'un coup compris ce que cela signifiait!

**L'avez-vous censuré?** Non, mais aiguillé, et parfois dosé les choses. Sa parole était brute, sincère, la parole d'un rockeur. Et ce qui m'a le plus intéressée en tant qu'écrivain, c'est de donner une voix à la voix la plus célèbre de France, de me glisser dans son rythme. De prendre sa musique pour en faire une langue...

**Après ces moments passés en sa compagnie, avez-vous mieux compris le phénomène Johnny?** Il se dégage une espèce d'animalité. C'est une chose que je n'ai vue que sur une seule autre personne, Jack Nicholson que j'ai croisé un jour. Cela précède le talent et ne s'explique pas.

**Lorsque vous lui avez donné votre texte, comment a-t-il réagi?** Quel trac! Je lui ai remis les épreuves, juste avant Noël. Le soir où il chantait à Genève d'ailleurs. J'avais envie de l'impressionner, de le toucher. Il l'a lu pendant la nuit et le lendemain, il m'a appelée en me disant: " tu m'as fait chialer ". Depuis, il l'a relu plein de fois, et je crois que ce livre est un miroir dans lequel il a envie de se regarder.

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14 février 2013

Très intéressant et bien écrit

Ce livre, mi roman mi souvenirs authentiques raconte la dernière année du gouvernement de Sarkozy et met en scène à la fois la vie au quotidien d'un ministre et le personnage de Nicolas Sarkozy par quelqu'un qui l'admire mais sans concession.

Bruno Lemaire écrit intelligemment avec un style choisi et une certaine honnêteté. Sa vie de ministre de l'agriculture oscille entre de vrais enjeux, les voyages incessants et le ridicule des figures imposées de la politique politicienne. Son portrait de Nicolas Sarkozy enfermé dans un personnage de président qui l'isole de la vraie vie est passionnant. Un livre à conseiller à tous ceux qui s’intéressent à l'action publique et à l'actualité. Se lit très facilement et l'auteur gagne à être connu.

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Sonatine éditions

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12 février 2013

Écorché vif

Il y a des éditeurs qui ont du nez. D'ailleurs, ceux qui n'en ont pas devraient changer de métier tout de suite. Arnaud Hofmacher lui fait partie des chiens truffiers, de ceux qu'on lâche à la foire de Francfort ou ailleurs et qui en rapportent des trésors. Preuves en sont ces deux titres qui ont paru à peu près en même temps chez les deux éditeurs avec lesquels il collabore: « L’Invisible » de Robert Pobi pour Sonatine et « L’interprétation des rêves » de Wulf Dorn pour le Cherche Midi. Pas très étonnant dès lors que ces deux romans présentent de nombreuses similitudes, aussi bien dans leur construction, que dans leur atmosphère ou leur dénouement. Ils appartiennent à la famille des « polars psychiatriques », dans lesquels les héros sont borderline, la raison côtoie la folie, et la nature joue un rôle prépondérant dans la violence qui se déchaîne tout au long de l’intrigue. Dans « L’Invisible », l’ouragan sert de toile de fond aux actes de folie d’un tueur en série qui écorche ses victimes. Lorsque Jake Cole revient dans la petite ville de son enfance, après une longue absence, il se retrouve confronté à son passé : le meurtrier qui sévit aujourd’hui est-il le même que celui qui avait assassiné sa mère il y a des années ? Dans « L’interprétation des peurs », la psychiatre Ellen Roth croit devenir folle lorsque sa patiente, traumatisée et couverte d’échymoses, disparaît. Et quand elle demande de l’aide pour la retrouver, elle réalise que personne, sauf elle, ne l’a rencontrée. Tout le monde pense qu’elle divague… Quant à la chute, c’est peut-être là que les deux livres se ressemblent le plus, grâce à une surprise du chef à laquelle on ne s’attendait vraiment pas.

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