Anna R.

209 rue Saint-Maur, Paris Xe / autobiographie d'un immeuble
par (Libraire)
30 avril 2020

Que se passe-t-il derrière les pierres?

Voilà une magnifique enquête littéraire sur les traces qui laissent les vies passées, doublée d'une réflexion intelligente sur les lieux et les mémoires qui s'y logent.
Un travail remarquable, pour la rigueur des recherches d'archive qui ont été menées et par le talent indéniable dont l'autrice a fait preuve en reconstituant l'histoire de cet immeuble et de ses habitants (dont beaucoup ont été déportés dans les camps nazis, et ne sont jamais revenus).
Une traversée de l'histoire, de la Commune à la déportation des Juifs de France, en passant par les attentats de 2015 et la Résistance.
Absolument magistral.

A voir aussi le documentaire de l'autrice diffusé sur Arte , dont ce livre prolonge le travail : "Les enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris Xe".

Décoloniser l'esprit
par (Libraire)
30 avril 2020

Publié en France en 2011, dans la traduction de Sylvain Prudhomme, j'ai découvert ce livre il y a quelques mois seulement, grâce aux conseils d'une autre libraire (merci Magali et l'Arbre du voyageur !!). Le propos est clair et toujours d'actualité : les rapports d'inégalité entre les langues ne concernent en effet pas seulement l'Afrique, ils touchent tous les pays colonisés et, parfois, les communautés linguistiques des pays colonisateurs. C'est donc un livre qui aide à réfléchir à sa propre expérience, tout en analysant la situation propre à l'Afrique et aux langues africaines. Précis, compréhensible même pour les non-initiés aux questions de langue, et non dénué d'humour, un livre éclairant et tout à fait passionnant.

Journal littéraire
15,00
par (Libraire)
30 avril 2020

Léautaud, l'outsider de la littérature

Autant le dire tout de suite : j'aime Paul Léautaud. J'aime le lire et le relire, malgré sa misogynie et sa passion démesurée pour les chats et autres bêtes (il en avait des centaines chez lui, dans sa maison plus que délabrée de Fontenay-aux-Roses).
D'une franchise absolue, son mépris de tout ce qui est admis, la virulence de ses critiques, bref, son indépendance de pensée me le rendent cher. Et d'une drôlerie extraordinaire avec ça. Il excellait dans ce qu'on appelle "l'écriture de l'intime". Son journal littéraire est à son image : libre, cynique, mais aussi plein d'émotion et de délicatesse.

Les mots de la tribu

Natalia Ginzburg

Grasset

9,35
par (Libraire)
30 avril 2020

Véritable classique de la littérature italienne, un livre pétri d'histoire et d'humour, porté par la magnifique écriture de Natalia Ginzburg : factuelle, poétique, tendre et acérée à la fois. Un de ces livres qu'on aime relire, et une porte d'entrée sur l’œuvre de cette écrivaine et intellectuelle aux multiples engagements.

Mémoire du yiddish, Transmettre une langue assassinée. Entretiens avec Stéphane Bou

Transmettre une langue assassinée. Entretiens avec Stéphane Bou

Albin Michel

19,00
par (Libraire)
30 avril 2020

Yiddish, langue-monde

"La langue de personne", l'avait définie Rachel Ertel dans un de ses précédents livres. Dans cet ouvrage, elle revient sur l'histoire douloureuse de cette langue dont la plupart de locuteurs ont été assassinés dans les camps nazis. Langue vivante cependant, pleine de couleurs, d'ironie, et dans laquelle nombre d'écrivains et de poètes se sont exprimés - et s'expriment encore.
Langue de fusion, aussi, et sans frontières, puisque le yiddish est une synthèse d'allemand, d'hébreu, de slave, de latin et de grec : une langue-monde, oui, qui n'appartient à aucun pays.