Alger, journal intense, Vie et mort de Karim Fatimi, écrivain (1968-2014)

Vie et mort de Karim Fatimi, écrivain (1968-2014)

Macula Éditions

22,00
par (Libraire)
11 novembre 2020

Chaos intense

Un homme meurt. Une femme, Mounia, décide de tenir un journal, "rédigé à la deuxième personne du singulier. Au présent de l'éternité", qu'elle adresse à son mari.
On la suit alors dans sa tentative de surmonter le malheur qui la frappe, par la relation des jours où elle apprend à vivre sans sa moitié, dans un quotidien bouleversé par l'absence et rythmé par les plongées qu'elle fait dans les papiers et les carnets de son époux, qu'elle découvre au fil des jours et qu'elle enchâsse dans son propre journal.
"Alger, journal intense" est d'abord le journal de deuil d'une femme amoureuse qui perd son conjoint brutalement. C'est également une chronique de l'Algérie contemporaine, depuis la fin des années quatre-vingts, chaotique, drôle par moment, fragmentaire. Intense en tout cas.
C'est enfin, et peut-être surtout, le roman d'un écrivain talentueux puisque Mustapha Benfodil propose rien de moins que la lecture agréable d'une expérience formelle d'écriture, un puzzle. Une forme parfaite pour rendre compte aussi bien du chaos individuel de celle qui se retrouve seule que de la complexité d'un pays entier. Les Editions Macula aurait pu éditer une expérimentation formelle intimidante ou un jeu d'écriture ennuyeux. Dans une maquette élégante, l'éditeur offre au lecteur l'accès à un de ces romans qu'on garde dans sa bibliothèque.

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