Les conflits conjugaux occupent le devant de la scène de la plupart
des situations de danger traitées par les professionnels de la protection
de l’enfance. Ces problématiques conflictuelles complexes envahissent
l’espace dédié aux enfants, espace qui pour certains d’entre eux, se
doit d’être instauré en leur faveur par la décision d’un juge des enfants.
Elles se traduisent le plus souvent par l’incapacité des parents à
distinguer conjugalité et parentalité, et à en mesurer les effets sur
leurs enfants. Des enfants, sous l’emprise de sentiments paradoxaux
et dont le nombre est estimé à quatre millions en France.

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Comment penser dans l'institution ? Et comment penser l'institution ? Si le clinicien ne recule pas devant ce que la psychanalyse lui transmet, pour lui-même comme dans sa pratique, la confrontation à ces deux questions ne devrait plus le lâcher. Mais la possibilité même de penser ne commence-t-elle pas là, dans l'effort toujours renouvelé pour maintenir ouvertes et vives ces interrogations ? Il s'agit alors de soutenir un questionnement qui, par lui-même, est peut-être déjà une forme de réponse prenant acte du malaise sans chercher à le résorber dans le prêt-à-penser d'une idéologie.

L'institution n'est pas un établissement. Dès lors, comment penser, dans l'institution, l'acte même d'un « prendre soin » qui ne se réduirait pas à un soin tarifé à l'activité ? D'une manière plus large, comment penser un sujet différent de l'individu, un collectif plus et autre qu'une juxtaposition de professionnels ? Dans le champ de l'enfance, en particulier, comment prendre soin de l'enfant, à plusieurs, sans le réduire à la somme de ses comportements ? A quelles conditions matérielles et symboliques ? Comment, à partir de là, faire une place à un infantile qui concernerait autant l'enfant que l'adulte qui s'en occupe ?

Mais l'institution n'est pas non plus une entreprise, terme à entendre dans son sens marchand, mais aussi comme « entreprise de normalisation ». Elle est aussi un élément, voire un reflet d'une société et d'une époque. La psychanalyse ne peut se contenter de penser le soin et de soigner la pensée, en restant abritée dans les quelques lieux qui la protègent encore, sans penser en même temps les conditions de possibilité (et d'impossibilité) de tels lieux. Ne serait-ce que parce qu'il n'y a d'abri que provisoire... D'où la nécessité, et même l'urgence, de penser l'institution elle-même, dans son rapport au politique. Car en tentant de normaliser les plus vulnérables d'une société, c'est la vulnérabilité en chacun d'entre nous qui s'en trouve menacée, autrement dit notre humanité même.

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